IA GÉNÉRATIVE & RÉFÉRENCEMENT : Être crawlé par Google ou Bing change-t-il vraiment la donne ?

Google bot

Avec l’arrivée massive de l’IA générative dans nos usages, une nouvelle idée fait son chemin dans le monde du référencement :

Si Googlebot alimente Gemini, et si Bingbot alimente potentiellement ChatGPT, alors être crawlé devient une porte d’entrée vers la visibilité dans les réponses IA.

En théorie, cela semble prometteur.
Mais dans les faits, la réalité est plus nuancée.

Ce que l’on sait : Googlebot alimente bien Gemini

La confirmation vient de Matthew Prince, CEO de Cloudflare :
Google utilise bien son robot d’indexation (Googlebot) pour nourrir son IA Gemini.

Autrement dit, si votre site est crawlé par Google, il est non seulement indexé pour le moteur de recherche, mais il devient aussi une source de données potentielle pour l’IA générative de Google.

Cela modifie en profondeur la logique du référencement traditionnel :
on ne parle plus seulement d’apparaître dans les résultats de recherche,
mais de participer à la construction des réponses produites par une intelligence artificielle.

Ce que l’on ne sait pas : le lien réel entre Bingbot et ChatGPT

C’est ici que les choses se compliquent.

Microsoft est partenaire stratégique d’OpenAI, mais à ce jour :

  • Il n’y a aucune confirmation officielle que Bingbot alimente ChatGPT.
  • Aucune information claire sur un éventuel partage systématique des données crawlées.
  • Aucune documentation publique permettant de trancher la question.

Plusieurs hypothèses sont sur la table :

  1. Bingbot pourrait effectivement contribuer à l’entraînement ou à l’alimentation de ChatGPT.
  2. OpenAI pourrait utiliser des systèmes de collecte indépendants ou des accords de licence de contenu.
  3. Une combinaison des deux selon les types de données.

Pour l’instant, il n’existe aucune certitude extérieure aux équipes concernées.

Être crawlé : une opportunité stratégique, pas une garantie

Concrètement, voici ce que l’on peut retenir :

  • Si Google vous crawl, il est très probable que votre contenu puisse nourrir Gemini.
  • Si Bing vous crawl, il est possible – mais pas prouvé – que votre contenu contribue à ChatGPT.

On assiste donc à une transition :
la visibilité ne se mesure plus uniquement par les liens présents dans les résultats de recherche,
mais par la capacité à être cité, intégré ou résumé dans des réponses générées par une IA.

C’est l’émergence d’une nouvelle discipline : le GSO (Generative Search Optimization).

Être crawlable reste un enjeu clé.
C’est un prérequis pour exister dans l’écosystème des IA génératives.
Mais ce n’est pas suffisant.

Deux points à retenir :

  1. L’intégration Googlebot → Gemini est confirmée.
  2. L’intégration Bingbot → ChatGPT reste spéculative.

La véritable transformation ne consiste pas seulement à être indexé, mais à produire un contenu structuré, fiable, intelligible et utile pour les modèles d’IA.

C’est cette capacité à être compris et réutilisé par une machine qui définit la nouvelle frontière du référencement.

Ce n’est pas juste une mise à jour des règles du SEO.
C’est un changement de terrain de jeu.

Par Catherine Headley